Cela devient quasi systématique, mais vagues de chaleur rime désormais avec vagues de « mésinformation climatique » — comprenez la diffusion de fausses informations sur le réchauffement climatique, sans contradiction ni remise en contexte.
L’Observatoire des Médias de l’Écologie, dans sa dernière enquête, révèle que durant la vague de chaleur qui a traversé la France entre le 23 et le 30 mai dernier, 62 cas de mésinformation climatique ont été recensés dans les programmes d’information de 8 sur 18 chaînes de radio et télévision nationales. Vert, le média de l’écologie, rappelle que cela correspond à un niveau près de cinq fois supérieur à la moyenne hebdomadaire observée en 2025 (13 cas par semaine, hors épisode de canicule).
Et devinez quelles sont les chaînes les plus concernées par ce phénomène de désinformation ? CNEWS, Sud Radio et Europe 1, détenues respectivement par Vincent Bolloré et Christian Latouche, réputé proche de l’extrême droite… étonnant, non ?
Si CNEWS, Sud Radio et Europe 1 concentrent 41 cas de mésinformation sur le climat, toutes les chaînes d’information en continu sont en réalité concernées.
Autre chiffre complètement fou : ramené au temps d’antenne alloué aux sujets environnementaux, CNEWS, Sud Radio et Europe 1 diffusent un cas de mésinformation climatique toutes les 20 minutes d’infos sur le climat. On y retrouve des narratifs bien rodés :
« La France ne pèse rien dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre donc ses efforts sont inutiles » ;
« Les énergies renouvelables sont inefficaces en raison de leur intermittence » ;
« La vague de chaleur ne serait pas exceptionnelle et son lien avec le changement climatique ne serait pas avéré »…
Bref, on saigne un peu beaucoup des oreilles.
Mais le pire dans tout cela ne serait-il pas le fait que 20 % des cas de mésinformation climatique sont issus de journalistes (dont 82 % proviennent de CNews et Europe 1) et 45 % d’invités politiques ? Des chiffres comparables à ceux constatés sur l’ensemble de l’année 2025, à l’exception — et c’est là que ça devient intéressant — de la part des propos tenus par les invités politiques : elle était de 24 % en 2025 contre 45 % en 2026… une jolie progression.
Face à ces chiffres et à un an de l’élection présidentielle, la hausse spectaculaire des cas de désinformation prononcés par des invités politiques, sur des médias aux mains de l’extrême droite, le montre clairement : ce n’est pas un manque de culture écologique qui est à incriminer, mais bien une entreprise claire de manipulation de l’opinion publique, menée par des hommes et des femmes politiques que nous devons considérer comme des adversaires politiques.
À l’aube de l’élection présidentielle 2027, que certains médias présentent comme historique, ces fausses informations climatiques biaisent le débat démocratique sur un sujet de société qui devrait être éminemment anticapitaliste et révolutionnaire. On le présente, au contraire, comme secondaire pour mieux imposer les thèmes chers à la droite et à l’extrême droite.
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